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Conjoncture agricole 2016 : une année mitigée !!!

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Une année chaude, sur l’ensemble des îles, et sèche sur les Îles du Nord

L’accroissement des températures se vérifie une fois de plus cette année puisque la moyenne annuelle de la station des Abymes - Le Raizet (26,9°C) se classe en bonne position parmi les 10 années les plus chaudes depuis 1947 (mais loin derrière 1998). En Guadeloupe, après 2 années nettement déficitaires, la pluviométrie redevient le plus souvent proche de la normale (1981-2010).

Le déclin du phénomène El Niño a permis de réactiver la saison cyclonique dans le bassin Nord-Atlantique et Caraïbe. Au final 2016 est une année active : 16 cyclones se forment (pour une moyenne de 12) et on observe une rareté notable des épisodes cycloniques (seul MATTHEW génère des effets sur nos îles). (Source Météo France)

Banane : une année de transition

Avec 66 208 tonnes, soit une progression annuelle de 6,4 %, les expéditions de bananes ont repris des couleurs après une année 2015 en berne. Cette embellie de la production est cependant restée limitée à cause, d’une part, des suites de la sécheresse de 2015 sur le début de campagne (les niveaux de production habituels ont été retrouvés à partir du mois de mars) et, d’autre part, à cause des aléas climatiques qui ont sévi en fin d’année : la tempête Matthew du 28 septembre, et les importants cumuls de pluie de novembre et décembre qui ont fragilisé les bananeraies.

Le profil de production de l’année 2016 est marqué par des expéditions à la baisse de 27 % sur la période des mois de janvier et février, et par un pic historiquement haut de 7 223 tonnes au cours du mois de septembre.

La banane guadeloupéenne garde des prix fermes, avec un prix moyen payé au producteur en 2016 qui augmente de 2 centimes au kilogramme pour s’établir à 0,64 €/kg.
Expédition bananes Guadeloupe vers l'UE
En 2016, la banane de Guadeloupe a bénéficié d’une enveloppe d’environ 31 millions d’euros au titre de l’aide européenne du POSEI, le dispositif d’aides financières versées aux producteurs de banane dans les RUP (régions ultra périphériques) en compensation de l’éloignement géographique.

Avec le nouveau Plan Banane Durable II (2014-2020), la filière banane continue ses efforts en matière de préservation de l’environnement, notamment en limitant l’utilisation des intrants chimiques. Forte de la mise en œuvre de ces pratiques culturales, l’inter-profession de la banane s’est vue décernée le prix de la biodiversité au salon international de l’agriculture en 2016.
Le groupement LPG (Les Producteurs de Guadeloupe) compte bien hisser la production guadeloupéenne jusqu’à 100.000 tonnes de bananes à l’horizon 2020 au travers du projet CAP 100.000 Tonnes.

Canne à sucre : une (très) mauvaise campagne sucrière

En 2016, le démarrage de la campagne sucrière est tardif avec une coupe qui débute le 3 mars à Marie-Galante et le 10 mars en Guadeloupe continentale. La fin de récolte intervient le 10 juin à la SRMG, tandis que la date de fin de campagne à Gardel au Moule a fait l’objet de négociations au sein de la filière qui ont permis une prolongation de la coupe de deux semaines jusqu’au 9 juillet.

Compte tenu des conséquences de la sécheresse exceptionnelle qui s’est étalée entre mi-avril et mi-août 2015, les prévisions de tonnage attendues par les planteurs et les usiniers étaient plutôt pessimistes sous la barre des 500 000 tonnes, prévisions liées à une croissance modérée des cannes. Mais les fortes précipitations tombées au cours des mois de mars-avril ont favorisé une très bonne repousse, et le tonnage de canne a été revu à la hausse.
Cannes broyées en 2016
Le résultat de fin de campagne présente un volume de 524.386 tonnes de cannes broyées par les deux usines. Ce tonnage est largement inférieur à la moyenne décennale, et dépasse seulement celui de l’année 2013 qui correspond à l’unique campagne sous les 500 000 tonnes. La richesse en sucre subit à cause de la pluie une forte baisse de 1,8 point en s’établissant à 7,50 %. Ce taux est le plus bas de la décennie 2007-2016 après celui de l’année 2011 qui avait atteint 7,48 %.

L’année 2016 est ainsi caractérisée à la fois par un faible tonnage et une faible richesse saccharimétrique. La conséquence directe est une production de sucre qui plonge à seulement 41 552 tonnes, soit une baisse de 32 % par rapport à 2015. C’est la plus faible production de ces 10 dernières années, la production moyenne de sucre s’établissant à 58 174 tonnes.

Avec la libéralisation du secteur sucrier européen à compter du mois d’octobre 2017, la nouvelle convention « canne 2016-2022 » a été signée le 22 janvier 2016 entre les usiniers, les planteurs et l’État. Elle précise les conditions d’octroi des aides nationales et les engagements de chaque partenaire pour les campagnes sucrières 2016 et 2017.
Tonnage de cannes à sucre broyées par les usines sur 10 ans

Rhum : disparité entre le rhum agricole et le rhum de sucrerie

La production de rhums traditionnels atteint 74 272 hectolitres d’alcool pur ( HAP ) en 2016, soit une baisse de 5 % en comparaison à 2015. La production de rhum agricole perd un quart de la production 2015 et atteint 29 879 HAP. Son niveau se rapproche de celui de 2007 ( 29 587 HAP ).
La production de rhum de sucrerie a progressé cette année de 16 % et atteint avec 44 393 HAP un niveau légèrement supérieur à la moyenne décennale qui s’élève à 42 211HAP.
Production rhum agricole et de sucrerie en 2016
Le niveau de commercialisation a également augmenté en 2016 avec le marché local qui atteint 20 750 HAP, soit 12 % d’augmentation, et l’export qui est de 57 647 HAP, soit 6 % d’augmentation.

Élevage : augmentation de la production locale grâce à des apports élevés de viande porcine

Le nombre de bovins abattus en 2016 s’élève à 6 534 têtes, soit 8 % de baisse par rapport à 2015, et la production de viande, en baisse également de 4 %, est de 1 579 tonnes. Depuis 2010, le nombre de têtes de bovins abattues a reculé de 27 %, soit 4,4 % par an en moyenne. La production de viande a baissé dans des proportions plus limitées à un rythme moyen de 3,5 % par an. Le poids moyen des carcasses est en effet en légère augmentation : il atteint 242 kg en 2016, contre 225 kg en 2010.

L’année 2016 a été marquée par une hausse significative du nombre de porcins abattus avec 18 551 têtes, soit une augmentation de 12 % au regard de l’année 2015.

Tout au long de l’année, les volumes produits sont sur une pente ascendante avec un pic à 3 300 porcins abattus au cours du mois de décembre, soit près de 20 % des abattages annuels.
Tableau des abattages 2015-2016
L’augmentation du nombre de têtes abattues s’accompagne d’une augmentation du poids moyen qui atteint 76 kg (hausse de 4 %). Ces apports importants de viande fraîche locale (+17%) peuvent conduire à des déstabilisations d’un marché local étroit.

Les volumes proposés par la viande porcine (1 400 tonnes) font désormais quasiment jeu égal avec la viande bovine (1 600 tonnes).

Au final, l’offre de viande locale est en hausse de 5 % par rapport à 2015 et atteint près de 3 000 tonnes.

Marché local : Gourde-Liane, des prix plutôt stables

Depuis 2014, le service statistique de la DAAF réalise une enquête régulière sur les prix et les volumes des fruits et légumes présentés par les agriculteurs sur le marché de Gourde Liane qui se tient toutes les semaines sur le parking du vélodrome de la commune de Baie-Mahault (en moyenne près de 60 agriculteurs, avec des volumes représentant plus de 6 % de l’ensemble de la production du département en fruits et légumes, hors banane fruit).

Les prix moyens relevés sont globalement stables (+2 %) d’une année sur l’autre. Ils sont tirés à la hausse par l’augmentation du prix des piments forts (+36 %) qui est pondérée par la baisse du prix de la patate douce (-10%). Les prix des fruits et légumes restant constant sur l’année.
Prix producteur marché gourde-Liane 2016

Commerce extérieur : le piment fort et l’igname en première ligne

Les exportations ont augmenté de 8% pour les fruits (hors banane) et de 41% pour les légumes entre 2015 et 2016. Les fruits ont profité de la nette augmentation des exports d’ananas (+55 %).
Le tonnage total des importations de l’année 2016 de fruits et légumes est resté stable par rapport à 2015 (+1 %) à 36 683 tonnes.

La production de piments forts a connu des difficultés dues aux précipitations (baisse de la production locale) ce qui entraîne une augmentation de 61 % des importations. Les importations d’ignames progressent de 15 % en comparaison à 2015. Par rapport à la moyenne sur 5 ans, les importations 2016 d’ignames atteignent + 23 %.
Principaux fruits et légumes importés en 2016