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Bilan marché Gourdeliane 2017

Pour télécharger le document complet : Agreste_GOURDELIANE_2017 (format pdf - 2.1 Mo - 17/04/2018)

L’année 2017 est marquée par le passage de cyclones qui ont fortement impacté la production et l’offre du marché.

Le volume global des produits vendus sur le marché de Gourdeliane en 2017 est estimé à 1 900 tonnes soit 6% de moins que l’an passé. La valeur de la marchandise proposée à la vente est estimée à 2,75 millions d’euros. Les prix ont en moyenne augmenté de 12% pour les légumes et de 6% pour les fruits. En 2017, le prix moyen d’un panier représentatif de légumes s’établit à 1,22 €/kg et celui de fruits à 1,95 €/kg.

Moins de produits vendus sur le marché cette année

Alors qu’entre 2014 et 2015 les volumes de produits présents sur le marché du mercredi avaient augmenté, avec notamment deux fois plus de fruits, les quantités de produits présentés à Gourdeliane sont en baisse depuis 2015. Ce constat est vrai pour toutes les catégories de produits, sauf pour les tubercules dont le volume est estimé à 111 tonnes les mercredis en 2017 contre seulement 80 tonnes deux ans auparavant.

Ces baisses de volume en 2016 et 2017 se concentrent principalement sur la fin de l‘année où les quantités de produits proposés sont plus faibles qu’en 2015. Le Sud de la Basse-Terre en particulier a souffert de la tempête Matthew en septembre 2016 et du cyclone Maria en septembre 2017 avec un impact direct sur les productions maraîchères

En 2017, les quantités de légumes et de fruits sont plus importantes entre mars et août ; c’est également la période où la fréquentation du marché est la plus grande avec en moyenne 64 producteurs en mai 2017.
Les effets de saisonnalité sont accentués par le cyclone Maria qui se fait ressentir dès septembre dans les statistiques mensuelles avec un effondrement des volumes présents sur le marché de Gourdeliane.
En moyenne, un tiers des producteurs assurent plus de 50% de la valeur du marché. Les volumes proposés par agriculteur et par marché sont en moyenne de 350 kg de marchandises pour une valeur de 500 euros.

4 catégories de produits sont vendues sur le marché par les producteurs

70% des volumes de produits offerts en 2017 sont des légumes. Les PPAM ne représentent que 2% des volumes présents mais totalisent 10% de la valeur totale sur le marché. Le reste des produits est composé de 16% de fruits et de12% de tubercules dont les volumes présents n’ont cessé d’augmenter depuis 2014.

Les communes de Baillif, Saint-Francois et Le Moule fournissent la moitié des produits présents sur le marché

Les agriculteurs proviennent de l’ensemble de la Guadeloupe, et les volumes présentés sont répartis de manière équilibrée entre la Basse-Terre (49 %) et la Grande-Terre (51 %). Une bonne dynamique de production a pu être observée pour le nord de la Grande-Terre avec la part de la production en provenance de cette agglomération qui a progressé de 30 à 39 % entre 2016 et 2017. A l’inverse, la part des produits en provenance de la Basse-Terre a diminué, passant de 54% en 2016 à 49% en 2017. Cette diminution s’explique notamment par le passage du cyclone Maria qui a touché plus durement cette partie de l’île.

En Basse-Terre, c’est la communauté d’agglomération Grand Sud-Caraïbes qui représente le plus grand pôle de production en 2017. 80% des produits venant de la Basse-Terre y sont produits, notamment à Baillif et Vieux-habitants. Trois-Rivières est également une commune totalisant une partie importante des volumes mais qui a souffert des conditions météorologiques en 2017. En Grande-Terre, 2/3 des volumes produits proviennent de la commune du Moule. La commune de Saint-François, contribuant pour près de 24% à la production de la Grande-Terre, est la seconde grande commune maraîchère de la Grande-Terre.

ZOOM FRUITS

Plus de 95% des volumes de fruits présents sur le marché de Gourdeliane sont produits en Basse-Terre. La communauté d’agglomération Grand Sud Caraïbes en fournit plus de la moitié.
L’ananas est le fruit le plus vendu à Gourdeliane. Présent tout au long de l’année, ce fruit représente plus d’un quart du volume des fruits sur le marché. Il est suivi de la banane qui en totalise 24%. Le citron vert occupe la troisième place avec 11 % et la part de ce fruit dans la valeur totale sur le marché est de 13,5% en 2017. La mangue et le maracudja pèsent, quant à eux, respectivement pour 9 et 6% des volumes.

L’avocat durement touché par les conditions météorologiques en 2017

De janvier à août la production d’avocat est bonne et les volumes présents sur le marché sont plus importants qu’en 2016. Au mois d’août à Gourdeliane, on relève près de 700 kg d’avocat les mercredis alors qu’en 2016 on relevait 190 kg. Face à la bonne disponibilité de ce fruit jusqu’en septembre 2017, le prix de gros de l’avocat à Gourdeliane est de 1 €/kg en moyenne sur cette première partie de l’année.

Moins de mangues greffées cette année après une période de récolte plus courte, mais plus de mangues pommes.

En 2017, après une saison de récolte plus courte qu’en 2016, on relève 12,4 tonnes de mangue greffées les mercredis à Gourdeliane, soit 10% de moins que l’année précédente. Le volume de mangue varie fortement tout au long de l’année, les quantités offertes les plus importantes étant au mois de juin. Le prix de ce produit suit donc une courbe en U avec un prix de vente minimal en juin de 1,06 €/kg, et un prix maximal de 2,73 €/kg en août, en fin de saison des mangues. Les quantités de mangue pomme à Gourdeliane ont augmenté de 65% par rapport à l’année dernière.

Ce fruit est également soumis à un cycle de production annuel court et influant sur son prix mensuel. On relève ainsi un prix plancher de 0,92 € en juin et un maximum de 2,50 €/kg en mars alors que l’offre de mangue est au plus bas.

Stabilité du prix moyen de l’ananas et présence régulière de ce fruit tout au long de l’année

Le prix moyen annuel de l’ananas est de 1,71 €/ kg. Le minimum est atteint en juin avec 1,57€/kg, et un prix maximal de 1,78€/kg est relevé en début et en fin d’année (février et décembre). Au final, tous les prix mensuels sont proches de la moyenne : l’ananas est un fruit à cycle long, avec une production étalée annuellement permettant un apport régulier en produit sur le marché et une stabilité des prix à la production.

Les agrumes, de moins en moins présents sur le marché

Depuis 2015, les agrumes, dont les vergers ont été décimés par la maladie du Citrus Greening, sont de moins en moins présents sur le marché de Gourdeliane. Les citrons, bien qu’ils soient plus résistants au virus, voient leur volume diminuer de plus de 56% entre 2015 et 2016. En 2017, avec 24% de citrons en moins sur le marché par rapport à l’année précédente, la baisse de la production se poursuit encore.

Cette diminution des volumes produits se retrouve pour tous les agrumes : alors qu’en 2015 cette catégorie représente 36% du volume de fruits sur le marché, leur poids n’est plus que de 15% deux ans plus tard. Tout au long de l’année 2017, la mandarine est absente des étals du marché, et les clémentines et les pamplemousses sont eux aussi quasi-absents.

La maladie bactérienne du Citrus Greening, arrivée en Guadeloupe en 2012, a contraint les producteurs à arracher les arbres infectés et ce n’est que début 2017 que les pépiniéristes agréés ont mis en vente des plants sains, développés en collaboration avec le Cirad, l’IT2 (Institut Technique Tropical) et la Chambre d’Agriculture. Tous les amateurs attendent avec impatience le retour des agrumes locaux sur les marchés de l’île dans les prochaines années.

Le citron est caractérisé par un cycle de production annuel bien marqué qui impacte fortement l’évolution de son prix. La courbe mensuelle des prix est en forme de « U » avec un prix plancher de 1,50€/kg en juillet lors du pic de production. Le prix moyen en 2017 est de 2 €/kg.

Prix moyen d’un panier représentatif de fruits

Le panier représentatif de fruits utilisé ici est un panier variable d’un mois à l’autre. Pour chaque mois, les fruits qui composent le panier représentent au moins 70 % de la valeur totale des fruits présents sur le marché. En 2017, ce panier affiche un prix moyen annuel de 1,95 €/kg, soit une augmentation de 11 centimes d’euros par rapport à l’année 2016. C’est le prix moyen au kilo constaté le plus élevé depuis 2015. Cette hausse est notamment due à la hausse des prix sur le marché après le cyclone Maria. Ainsi, alors qu’en mars le niveau minimal de 1,67€/kg est atteint, le prix moyen du panier de fruits s’élève jusqu’à 2,40€/kg en septembre 2017.

ZOOM LEGUMES

L’essentiel des légumes vendus sur le marché de Gourdeliane est produit au sud de la Basse-Terre et à l’Est de la Grande-Terre. La commune du Moule fournit 35% du volume total de légumes et 16% des produits viennent de Baillif.

Le marché de Gourdeliane offre une bonne diversité de légumes avec une dominance de 9 produits principaux représentant plus de 80% du total apporté. Les 4 premiers, le concombre, la pastèque, le chou et la tomate, représentent plus de la moitié du volume de légumes sur le marché.

Prix moyen d’un panier représentatif de légumes

Le panier représentatif de légumes utilisé ici est un panier variable d’un mois à l’autre, et identique pour les années étudiées. Pour chaque mois en cours, les légumes qui composent le panier représentent au moins 80 % de la valeur totale des légumes présents sur le marché.

Les prix à la production évoluent en fonction de la saison : la courbe se présente sous forme de « U » cycliques d’une année à l’autre. La première partie de l’année correspond à la période du carême, c’est la plus propice au maraîchage. Les prix moyens diminuent jusqu’à atteindre un prix plancher entre mai et juillet lors de la pleine saison. Les conditions de culture sont ensuite plus difficiles au second
semestre avec l’arrivée de la saison humide et cyclonique. Les prix se maintiennent alors à un niveau relativement élevé jusqu’en fin d’année.

En 2014, l’agriculture n’a pas connu d’accidents météorologiques et les prix sont assez stables. Le prix moyen mensuel du panier s’établit à 1€/kg, et varie entre 0,9 et 1,3€/kg. L’année 2015 en revanche se classe parmi les années les plus chaudes et sèches, l’état de calamité agricole pour sécheresse a été reconnu pour l’ensemble des communes de la Guadeloupe. La saison dite humide, où la Guadeloupe enregistre habituellement de fortes précipitations, s’est transformée en saison sèche, et les mois de septembre et octobre ont connu des pics de température associés à une très faible pluviométrie. Le prix du panier est en moyenne sur l’année de 1,14€/kg et atteint un pic de 1,63€/kg en novembre 2015 . L’année suivante, la tempête Matthew affecte la production, tout particulièrement au Sud de la Basse-Terre, et le prix du panier de légumes s’envole jusqu’au maximum annuel de 1,49€/kg. Le prix moyen annuel est cependant en retrait par rapport à l’année précédente en s’établissant à 1,09 €/kg.

En 2017, le prix moyen d’un panier représentatif de légumes varie entre 0,88€/kg et 1,98€/kg.
L’année est marquée par une forte augmentation du prix annuel moyen des légumes qui s’élève à 1,22€/kg. Cette hausse de prix est en partie attribuable à la période post-cyclonique où l’offre de légumes s’est considérablement réduite. C’est ainsi que le prix moyen maximal de 1,98€/kg est atteint au mois d’octobre. En novembre et décembre 2017, les prix se maintiennent à un niveau élevé par rapport l’année précédente (respectivement 1,59 et 1,56€/kg).

160 tonnes de légumes ont été vendus sur le marché de Gourdeliane en août 2017. Le mois suivant, seulement 60 tonnes sont estimées. L’aubergine et la carotte sont absentes des étals, la christophine et
la banane plantain sont quasi-absentes. Après le cyclone, les producteurs ont subi de lourdes pertes et cette baisse des volumes donne lieu à une forte inflation.

En décembre, un timide retour à la normale est observé : 67 tonnes de légumes sont apportés sur le marché et le prix moyen de nombreux légumes est à la baisse. La salade se vend à 1,10€/kg en décembre 2017, soit 1,70 euros de moins que l’an dernier (2,80€/kg en 2016). Le navet, dont le prix moyen est de 0,99€/kg en fin d’année 2017 est également moins cher que l’an passé à la même période. Le prix moyen du panier représentatif reste toutefois à un niveau supérieur à celui de l’année précédente, à cause de la flambée de plusieurs produits dont le plus emblématique est la banane légume dont le prix a triplé dans un contexte de rareté exceptionnelle.

La production de banane plantain impactée par le cyclone

En 2017, Maria endommage les bananiers et interrompt la production. Déjà au dessus de son niveau de 2016, le prix de de la banane plantain s’envole après le cyclone. En octobre, le prix moyen est de 1,40 €/kg alors qu’il était de 50 centimes l’an passé. Un pic est ensuite atteint en décembre 2017 avec un prix maximal de 3€/kg, soit 3 fois plus cher qu’en décembre 2016. Ainsi sur l’année la banane plantain a vu son prix moyen augmenter de 35% par rapport à l’année dernière (1,38€/kg contre 1,03€/kg en 2016).

ZOOM TUBERCULES

En 2017, plus de 226 tonnes de tubercules sont mis en vente sur le marché de Gourdeliane, soit 20%
de plus qu’en 2016. La majorité (85%) est produit en Grande-Terre et plus particulièrement dans la
commune du Moule qui en fournit près de la moitié.

Les tubercules majoritaires : igname et patate douce

L’offre de tubercules sur le marché de Gourdeliane se concentre sur deux produits : l’igname et la patate douce. L’igname représente la moitié des volumes de tubercules présents et compte pour près de 60% de la valeur totale. La patate douce concerne 44% du volume. Les autres tubercules correspondent principalement à l’igname jaune, le madère, le malanga et le manioc.

Les prix de la patate douce sont relativement stables cette année encore. Ils oscillent entre 0,92 et 1,40€/kg sauf en janvier où un prix maximal de 1,50€/kg est atteint. Avec un prix annuel 1,83€/kg, l’igname est en moyenne moins cher que l’année dernière (1,91€/kg en 2016). Toutefois le prix de ce tubercule connaît plus de variations en 2017 : en juin une baisse des volumes apportés sur le marché est observée et le prix de l’igname atteint un premier pic à 2€/kg. En juillet, le marché est moins fréquenté et les producteurs connaissent plus de difficultés à écouler leurs produits ; cela conduit à une baisse du prix moyen de l’igname qui atteint un prix plancher de 1,50€/kg. En septembre, suite aux difficiles conditions météorologiques, peu de volumes sont proposés sur le marché. Le prix de l’igname s’envole alors et atteint son plus haut niveau (2,29€/kg).

ZOOM PLANTES A PARFUM AROMATIQUES ET MEDICINALES (PPAM)

En 2017 on estime à 42 tonnes le volume de plantes aromatiques vendues à Gourdeliane, soit seulement 2% du volume total des produits sur le marché mais 10% de la valeur totale. Cette année les plantes à parfum aromatique et médicinales sont moins présentes sur les étals (-30%) et affichent un
prix en moyenne plus élevé que l’an passé.

Quatre plantes se partagent la quasi totalité du marché

Les stars des plantes aromatiques sont représentées par le piment végétarien, le persil, le thym et le piment fort. Bien que leur volume soit en baisse constante depuis 2015, les piments constituent toujours la part la plus importante, avec 43% du total des plantes aromatiques (en 2016 elle était de 57%).

Avec une courbe de prix en « U », le prix des piments, forts ou végétariens, varie fortement selon le calendrier de production. Pour le piment végétarien, un prix plancher de 2,18 €/kg est atteint en juin 2017. Le prix augmente ensuite progressivement jusqu’à atteindre près de 21€/kg en fin d’année.

Le panier représentatif des PPAM est composé du piment fort et végétarien, du persil et du thym. En 2017, le prix des PPAM est en moyenne de 7,60€/kg alors qu’il était de 6,50€/kg l’an passé. Le prix du
panier atteint un niveau maximal de 11,61€/kg à la fin de la saison et surtout après le passage du cyclone. C’est le prix constaté le plus élevé depuis 2015. En juin et juillet, pendant la saison de pleine production, le kilo est au contraire estimé à 4,10€.

LECTURE DES EVOLUTIONS DE PRIX AVEC DES INDICES

L’indice des prix des produits agricoles à la production (IPPAP) est un indice national élaboré à partir de l’observation des prix lors de la première mise en marché. Il est calculé par l’INSEE et se décompose en plusieurs catégories. L’indice des prix à la production des fruits et légumes est un sous ensemble de l’IPPAP, calculé par le service statistique du ministère de l’agriculture. A partir des séries de prix régulièrement relevées sur le marché de Gourdeliane, le service statistique de la DAAF a calculé un indice en exploitant une méthode similaire. Cet indice n’est pas représentatif à l’échelle de la Guadeloupe, mais le marché de Gourdeliane étant un bon indicateur de la conjoncture des fruits et des légumes, il a toutefois un intérêt au-delà du seul marché comme l’ensemble des prix de Gourdeliane
régulièrement diffusés.

L’IPPAP mesure l’évolution des prix des produits vendus par les agriculteurs par rapport à une année
de base. Pour chaque mois, un panier de produits représentatifs est constitué. Pour le marché de Gourdeliane, les produits sont choisis de sorte que le panier final représente au moins 80 % de la valeur totale présente sur le marché pour le mois en cours. Pour les légumes, ce panier est en moyenne composé de 10 produits. L’indice calculé est un indice de Laspeyres dont la pondération s’établit selon la moyenne des quantités des années 2014, 2015 et 2016. Afin de lisser le prix et éviter le décalage éventuel des productions en raison des conditions climatiques, le prix de base n’est pas un prix mensuel mais un prix moyen annuel.

L’Indice des prix à la consommation (IPC) de l’Insee est un outil de mesure de l’inflation. C’est une mesure synthétique des évolutions de prix à qualité constante. Il est calculé à l’échelle de la Guadeloupe et décomposé en sous-catégories notamment légumes et fruits. L’IPC est calculé à l’aide des observations de prix sur des points de vente. Par conséquent il prend en compte les produits locaux et les produits importés.

L’IPC et l’IPPAP se basent tous deux sur l’année de référence 2015, permettant d’établir une comparaison directe.

Note de lecture : Les indices sont des outils comparatifs entre deux années : une année fixe dite année de base et l’année courante. L’année de base pour cet indice est l’année 2015. C’est un indice de base 100. Ainsi un indice inférieur à 100 signifie une baisse des prix en 2016 par rapport à 2015 et un indice supérieur à 100 indique une hausse des prix. Un indice égal à 100 correspond à l’absence de variations de prix entre l’année étudiée et l’année de référence.

Un IPPAP Fruits est également produit par le service statistique mais il a été décidé de ne pas l’exploiter. La production de fruits est soumise à une variabilité forte, tant selon la saisonnalité des produits que d’une année à l’autre. Cela rend délicat le choix de l’année de référence, servant de base à l’indice et n’apporte pas de plus-value aux analyses.

Lors de la première moitié de l’année 2016, l’IPPAP légumes baisse jusqu’en juillet pour s’établir à 77. Après septembre et le passage de la tempête Matthew les prix s’envolent et l’indice augmente de près de 35% en novembre 2016. En 2017, la saison du carême est favorable à la production : l‘indice baisse de plus de 40 points en 4 mois et atteint son niveau le plus bas en mai. Le passage du cyclone en septembre 2017 entraîne un effet rebond sur le prix des légumes avec l’indice qui atteint 200 en octobre, soit un prix du pannier deux fois supérieur à l’année de base 2015. En fin d’année le retour progressif de certains produits et la baisse des prix amorcée permet à l’indice de fortement diminuer même s’il reste 40 % plus élevé qu’en 2015.

2017 affiche donc un niveau moyen de prix à la production plus élevé que celui de 2015 et 2016. Le même constat est vrai pour l’IPC dont les niveaux mensuels restent au-dessus ou très proches de 100. Les fortes variations mensuelles des prix observés sur le marché ne se retrouvent pas au niveau des prix à la consommation : en effet l’IPC est calculé à partir de nombreux points de vente et de très nombreux produits. L’IPC est par ailleurs constitué de prix à la consommation dont les évolutions sont amorties par rapport aux prix à la production, et peuvent être atténuées par la prise en compte de produits importés. Son maximum est atteint en novembre avec des prix 25% plus chers. A la même période, les prix à la production accusent quand à eux une augmentation de plus de 70% par rapport à leur niveau de référence. L’IPC 2017 rejoint son plus bas niveau en mai, au même niveau qu’en 2016 : la période d’abondance de produits locaux à prix bas contribue à infléchir de manière importante la courbe de l’IPC légumes.

Ce qu’il faut retenir :

  • L’offre de produit sur le marché est fortement impactée par le passage des cyclones : le volume annuel estimé diminue de 6% par rapport à 2016 ;
  • 70% des volumes de produits offerts en 2017 sont des légumes ; 16% sont des fruits et 2% sont des PPAM. Le reste est composé de tubercules (12%) dont le poids sur le marché augmente depuis 2014 ;
  • Le marché est alimenté de manière équilibrée entre des produits de Basse-Terre (49%) et de Grande-Terre (51%). Les communes de Baillif, Saint-Francois ou du Moule fournissent 50% des produits présents ;
  • Le prix d’un panier représentatif de légumes connaît une forte augmentation et s’établit en moyenne à 1,22€/kg contre 1,09€/kg en 2016. Suite aux lourdes pertes de production subies par les producteurs on constate une forte inflation dès le mois d’octobre ; en décembre, la baisse du prix moyen pour de nombreux légumes annonce un timide retour à la normale ;
  • Après le cyclone, le prix de la banane plantain s’envole et atteint 3€/kg en décembre, soit 3 fois plus cher que l’an passé. Les avocatiers sont également touchés par le passage de Maria et l’avocat est absent des étals à partir du mois d’octobre et jusqu’à la fin de l’année ;
  • Le prix moyen d’un panier représentatif de fruits s’établit à 1,95 €/kg. C’est son niveau annuel moyen le plus élevé depuis 2015.
  • Plus de 95% des volumes de fruits présents sur le marché de Gourdeliane sont produits en Basse-Terre. L’ananas se place à la première place et en représente plus d’un quart.
  • Bien que depuis début 2017, les pépiniéristes agréés aient mis en vente des plants de citronniers sains, les agrumes sont de moins en moins présents sur le marché de Gourdeliane. Le volume de citron diminue de 24% par rapport à l’an dernier.
  • Le prix des PPAM est en moyenne de 7,60€/kg alors qu’il était de 6,50€/kg l’an passé. Un niveau maximal de 11,61€/kg est atteint en fin de saison qui correspond également à la période cyclonique.
  • L’IPPAP moyen annuel pour les légumes s’établit à 122 pour l’année 2017, l’IPC moyen est de 106 et traduit une hausse des prix à la consommation plus mesurée.

Méthode : L’enquête sur les prix et les volumes du marché de Gourde Liane

L’enquête sur le marché de Gourdeliane a été initiée par le service statistique de la DAAF Guadeloupe en 2014. Elle est au coeur du développement d’un système d’information sur les prix des produits frais agricoles en Guadeloupe (fruits, légumes, viandes et oeufs). Ce projet comprend deux volets : un volet « prix à la production » dont font partie les relevés sur le marché de Gourdeliane. Des relevés de prix complémentaires sont fait au niveau des SICA et auprès d’un échantillon de producteurs. Un second volet a été développé depuis janvier 2018 avec la mise en marche d’enquêtes prix à la consommation » : des relevés de prix sont effectués de manière bi-mensuelle sur les 4 grands marchés de détail de l’île ainsi que sur un échantillon représentatif de 7 grandes et moyennes surfaces.

L’objectif est de disposer d’informations régulières sur les prix des fruits et légumes, à des stades et selon des moyens de commercialisation différents. Il est alors possible d’assurer une comparabilité entre ces prix et un suivi de leur évolution dans le temps. Les publications hebdomadaires relatives au marché de Gourdeliane ainsi que les publications mensuelles des relevés de prix à la consommation sont disponibles sur le site internet de la DAAF :
- http://daaf.guadeloupe.agriculture.....

L’enquête sur le marché est réalisée tous les mercredis, jour de marché principal ; des enquêtes ponctuelles ont lieu également les autres jours de marché, sans donner lieu à publication. Avant l’ouverture du marché, un agent du service statistique ou un enquêteur accrédité interroge la majorité des agriculteurs présents. Les prix relevés ne sont pas des prix de transaction, mais les prix de base estimés par le vendeur. Les prix correspondent à des ventes en gros. Le calcul des prix moyens est réalisé par pondération par les volumes des produits. Les volumes annuels présentés sur le marché sont estimés sur la base des agriculteurs interrogés le mercredi (plus de 85 % de répondants en moyenne).

Le service statistique de la DAAF remercie vivement les agriculteurs du marché qui réservent un très bon accueil aux enquêteurs et acceptent de répondre chaque semaine, l’AREA, ainsi que tous les acteurs qui contribuent au bon fonctionnement de l’enquête et qui ont permis l’édition de cette publication.