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Cochon de Noël : rappels sur les règles d’abattage des porcs

→ ABATTAGE DES PORCS - RÈGLE GÉNÉRALE

L’abattage des porcs (de même que celui des bovins, ovins, caprins ou chevaux) dont la viande est destinée à être commercialisée doit s’effectuer à l’abattoir (abattoir du Moule pour la Guadeloupe ou abattoir de Saint-Martin). Les contrôles réalisés à l’abattoir sur les carcasses des animaux abattus permettent de s’assurer que leur viande et abats peuvent être consommés sans danger (vérification de l’absence de maladie) et les installations de l’abattoir permettent également de garantir de bonnes conditions d’hygiène et de froid nécessaires à la conservation des viandes.

Les personnes détenant un ou plusieurs porcs doivent se signaler auprès de l’établissement départemental de l’élevage (EDE – Chambre d’agriculture – Baie-Mahault) qui est chargé de recenser les élevages et d’attribuer un numéro d’identification pour chaque site d’élevage. Ce recensement permet notamment de savoir où sont localisés les élevages en cas de survenue de maladie (peste porcine, fièvre aphteuse…) afin d’informer les éleveurs ou prendre les dispositions nécessaires (vaccination…) ou encore de retrouver l’élevage d’origine en cas de divagation d’animaux.

Les porcs amenés à l’abattoir :

• doivent être identifiés avec le numéro du site d’élevage attribué par l’EDE soit par tatouage à l’arrière de l’épaule, soit par une boucle auriculaire pour les porcelets ou pour les porcs de race créole ;
• doivent être accompagnés d’un document sur lequel l’éleveur fait notamment figurer ses coordonnées et les informations sur la chaîne alimentaire.

→ ABATTAGE FAMILIAL :

L’abattage familial hors abattoir est autorisé pour les porcs, les moutons, les cabris, les volailles et les lapins dès lors que l’abattage de l’animal est réalisé par la personne qui l’a élevé et que la viande et les abats de l’animal abattu sont strictement réservés à la seule consommation de sa famille.

Cette limitation à la seule consommation au sein de la famille de l’éleveur s’explique par le fait que lors d’un abattage familial les différents contrôles réalisés à l’abattoir ne sont pas effectués et que les conditions d’hygiène possibles en abattoir ne sont pas présentes : il n’est donc pas possible de garantir que la viande et les abats provenant de ces animaux ne présentent pas de danger pour la santé du consommateur.

Lors d’un abattage familial, l’éleveur doit veiller à respecter les conditions suivantes :
• l’animal doit être immobilisé avant l’abattage ;
• il doit être étourdi avant la saignée ;
• la suspension de l’animal est interdite avant son étourdissement.

Le fait de ne pas respecter ces conditions d’abattage peut être puni par une contravention de 4ème classe (750 €).

En terme de bien-être animal, toutes les précautions doivent être prises en vue d’épargner à l’animal tout excitation, douleur ou souffrance évitables pendant les opérations de déchargement, d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage ou de mise à mort. Le non respect de ces précautions peut être sanctionné par le code pénal pour acte de cruauté ou sévice grave envers les animaux (jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 30.000 € d’amende)

→ CHLORDECONE :

Il convient d’être vigilant par rapport au risque de contamination par la chlordécone, notamment pour les porcs du sud Basse-Terre qui peuvent être très contaminés s’ils sont élevés à l’extérieur sur des parcelles polluées.
Le porc ingère beaucoup de terre par son comportement et son mode d’alimentation (animal fouisseur, il fouille le sol avec son groin à la recherche d’aliments) et peut par conséquent ingérer beaucoup de chlordécone s’il est élevé sur un terrain contaminé.
Un record de contamination avec une teneur en chlordécone de 1 650 µg/kg a été ainsi observé en 2018 en Guadeloupe pour un porc élevé à l’extérieur provenant du sud Basse-Terre, alors que la limite au dessus de laquelle la viande de porc doit être considérée comme impropre à la consommation humaine est fixée à 100 µg/kg. Pour les particuliers, il faut s’assurer que les porcs provenant d’élevages familiaux sont bien élevés sur des terrains non contaminés par la chlordécone (le programme JAFA propose des analyses de sols aux particuliers). En cas de doute, il est recommandé aux femmes enceintes et aux jeunes enfants, qui sont les personnes les plus sensibles, de ne pas consommer la viande et les abats d’animaux susceptibles d’être contaminés au vu des conséquences possibles sur le déroulement de la grossesse et le développement de l’enfant (perturbateur endocrinien). 
Pour en savoir plus sur les préconisations en matière d’élevage et de chlordécone :

http://daaf.guadeloupe.agriculture.gouv.fr/Preconisations-en-matiere-d