Contenu

RICA 2014 : Résultats économiques des exploitations spécialisées en canne et en banane

Résultats contrastés entre les spécialisations canne et banane

D’après le RICA, la moyenne des revenus agricoles en Guadeloupe s’élève à 21 900 €, toutes productions confondues pour l’année 2014. Le résultat des exploitations spécialisées en canne, mesuré par le RCAI, s’élève à 17 900 €. Cet indicateur est inférieur à celui des exploitations spécialisées en banane qui atteint 30 600 € en moyenne au cours de cet exercice.
Ramené à l’unité de travail non salarié, le RCAI moyen des exploitations en canne atteint 17 700 € contre 26 100 € pour celles spécialisées en banane.

Présentation de l’échantillon du RICA 2014 en Guadeloupe

L’échantillon collecté en 2014 comprend 33 exploitations spécialisées en Cultures-Fruits dont 31 orientées dans la culture de la banane, 28 spécialisées en Grandes cultures–canne à sucre, 19 en Maraîchage (comprenant également les cultures de légumes de plein champ), 8 en Polyculture-polyélevage et enfin 4 classées en Autres orientations.
Cet échantillon, qui atteint 92 exploitations, est en progression depuis la mise en place du réseau. Il permet de valoriser deux types principaux d’exploitations spécialisées dans la culture de la canne à sucre et de la banane.

Forte dispersion des charges et produits d’exploitations entre la banane et la canne

Les principales charges de consommations intermédiaires sont généralement les approvisionnements et les autres consommations intermédiaires liées aux besoins en énergie, les intrants, les prestations de services, les travaux d’entretien, les loyers, le transport...
En 2014, les exploitations spécialisées dans la culture de la banane ont payé en moyenne 43 500 € en frais de transport et 10 500 € en engrais et amendements. Ces deux postes représentent 44 % des consommations intermédiaires.
Dans la filière canne, on observe que les travaux par tiers, d’un montant moyen de 9 700 euros, représentent les charges d’exploitation les plus importantes, soit 36 % des consommations intermédiaires.
L’unité de travail annuel (UTA) permet de mesurer la quantité de travail fourni sur chaque exploitation agricole au cours d’une année. Les exploitations en banane totalisent 3,5 UTA en moyenne dont une majorité de main d’œuvre est salariée (2,4 UTA). Les 1,1 UTA restantes correspondent au travail du chef d’exploitation et de sa famille. La culture de la banane nécessite en effet un travail intense par surface de plantation (0,55 UTA/ha de banane à partir des informations recueillies). Les exploitations spécialisées en canne mobilisent en moyenne 1,1 UTA, à savoir l’exploitant lui-même appuyé par une main d’œuvre salariée limitée à 0,1 UTA en moyenne.
Les charges de personnel salarié sont ainsi très importantes pour les exploitations cultivant de la banane (41 300 €) en comparaison des exploitations orientées vers la culture de la canne (2 300 €).
Les charges rapportées à la surface sont plus importantes dans les exploitations à orientation fruits-banane (14 000€/ha) par rapport à celles qui sont spécialisées en canne à sucre (2 400 €/ha) soit un facteur 6 de différence.
L’élevage de bovins représente un complément de revenu pour les exploitations cultivant de la canne à sucre. En 2014, on compte en moyenne 9 têtes de bovins sur chaque exploitation cannière, générant un produit moyen de 2 600 €.
La production brute des exploitations en banane est en revanche constituée quasi-exclusivement de la vente des bananes. En effet, les exploitations fonctionnent sur un système de monoculture-banane.
Le montant total des subventions apportées par l’Etat et les Collectivités au cours de l’année 2014, toutes exploitations confondues, s’élève en moyenne à 36 000 €. Les subventions représentent 41 % du produit pour les exploitations orientées en fruits-banane et 48 % pour les exploitations spécialisées en grandes cultures-canne.
Il convient de préciser que les aides versées à la filière canne sont directement liées au tonnage de canne produit et à la richesse saccharine. En 2014, la récolte cannière était de 667 000 tonnes, en recul de 7 % par rapport à la moyenne de production sur les dix dernières années. La richesse saccharine, avec un taux de 9,17 % en 2014, est en légère progression par rapport à la moyenne décennale qui se situe à 8,59%. La valorisation des autres produits de la canne à sucre, telle que la bagasse, rapporte en moyenne 3 800 € aux exploitants, soit 13 % de la production de l’exercice.

Télécharger la publication complète : RICA_resultats_2014 (format pdf - 324.1 ko - 27/04/2017)