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RICA 2015 : Résultats économiques des exploitations spécialisées en canne et en banane

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En 2015, le revenu moyen des agriculteurs est de 20 600 € pour l’ensemble des exploitations agricoles en Guadeloupe.

Ces résultats sont établis à partir d’un échantillon représentatif d’exploitations agricoles qui ont une surface moyenne de 8,5 ha pour les exploitations spécialisées en fruits « banane » et 10 ha pour les exploitations orientées dans la culture de la canne à sucre.

La structure du travail dans les exploitations correspond en moyenne à un chef d’exploitation aidé par une main d’œuvre familiale limitée (0,1 UTA). Les actifs salariés sont présents essentiellement dans les exploitations spécialisées en banane où ils représentent 2,2 UTA.

Des différences de résultat marquées entre les productions canne et banane

Indicateur clef du RICA servant de référence à la mesure du revenu des exploitants, le Résultat Courant Avant Impôt (RCAI) permet de mesurer les performances liées à l’activité opérationnelle des exploitations.

Selon les résultats 2015, il s’élève à 10 700 € pour les exploitations spécialisées en canne et 33 900 € pour les exploitations spécialisées en banane. Cet écart est conséquent, et il est notamment dirigé par une valeur plus importante du produit par hectare dans les exploitations en banane (26 000€/ha) par rapport à celles spécialisées en canne (4 000€/ha). Mais le RCAI ramené à la production de l’exercice est à l’inverse plus favorable pour la canne à sucre que pour la banane.

Présentation de l’échantillon du RICA 2015 en Guadeloupe

L’échantillon de 84 exploitations collectées est réparti à 65 % de son effectif entre les deux principales orientations technico-économiques présentes dans la région, soit 25 % en grandes cultures-canne et 33 % pour celles classées en cultures-fruits (plus de 90 % sont constituées d’exploitations de banane).

Ce sont les résultats de ces types de production les plus représentatifs qui sont étudiés dans cette publication.

L’échantillon comprend également 19 % d’exploitations spécialisées en Maraîchage (y compris les cultures de légumes de plein champ), 8 % en Polyculture-polyélevage et 4 % regroupées en Autres orientations.

Le transport et les salaires sont les principales charges des exploitations en banane, alors que les travaux par tiers dominent pour la canne à sucre

a Surface Agricole Utilisée (SAU) pour les principaux systèmes de production agricole valorisés dans le RICA est de 8,5 ha pour les exploitations spécialisées en Cultures-Fruits et de 5,7 ha pour les exploitations spécialisées en banane.

La SAU est de 10 ha pour les exploitations orientées grandes cultures et de 7,7 ha pour les exploitations spécialisées en canne à sucre, celles-ci mettent à profit en moyenne 1,5 ha de leur superficie pour l’alimentation des bovins.

En 2015, les charges de consommations intermédiaires représentent 55 % de l’ensemble des dépenses des exploitations spécialisées dans la culture de la banane et 60 % de celles en canne. Elles sont constituées généralement par les charges d’approvisionnements, les intrants, les prestations de services, les travaux d’entretien, les loyers, l’énergie, etc…

Les exploitants de la filière banane ont payé en moyenne 38 600 € en frais de transport, 17 000 € pour les emballages et 9 800 € en engrais et amendements. Ces trois principaux postes représentent 54 % des consommations intermédiaires.

Pour la filière canne, les travaux par tiers représentent le poste de charges le plus important. Il s’élève en moyenne à 7 700 €, soit 31 % des consommations intermédiaires. Les autres postes principaux sont : les charges d’engrais (11 %), de loyers du matériel agricole (10 %), de produits phytosanitaires (9%), d’autres travaux et services (9%), etc.

Concernant le travail, les exploitations en banane totalisent 3,4 Unités de Travail Annuelles (UTA) en moyenne dont deux tiers de main d’œuvre salariée (2,2 UTA). Le travail du chef d’exploitation et de sa famille représente les 1,2 UTA restantes.

La culture de la banane nécessite en effet un travail intense par surface de plantation (0,6 UTA/ ha de banane à partir des informations recueillies lors de l’enquête). Les charges salariales sont ainsi le premier poste de charges ( 39 800 €).

A l’inverse, les exploitations spécialisées en canne mobilisent en moyenne seulement une unité de travail non salariée, à savoir l’exploitant lui-même, et n’ont donc pas de charges salariales. Les travaux non assurés directement par l’agriculteur sont réalisés par des entreprises ou des CUMA.

Les subventions permettent aux exploitations de dégager un revenu

Les subventions versées aux exploitants atteignent en moyenne 31 100 € à l’échelle de l’ensemble des exploitations agricoles. Elles intègrent les aides nationales, régionales et communautaires, principalement composées des MAE, ICHN, POSEI, aides gros bovins, petits ruminants, indemnités calamités, etc...

Ces aides constituent près de la moitié du produit des exploitations, soit 43 % pour les exploitations orientées en fruits-banane et 42 % pour les exploitations spécialisées en grandes cultures-canne.

Les aides permettent ainsi de compenser une valeur ajoutée qui est faible pour les deux filières.